07 février 2005

35 H si tu es là, frappe un coup!

« à Roanne ils étaient cinq mille! à saint étienne ils étaient dix mille! à Lyon ils étaient quinze mille! et à Grenoble aujourd'hui vous êtes viiiiiiiignt mille…plus de vingt mille!! ». le représentant syndical CGT a tenté de gonfler le moral des troupes, ce fut réussi: pour nous gonfler… il nous a gonflés!

«  tous ensemble, tous ensemble, ouais ouaaaaais!! Enfin… un peu plus vite car ya rugby aujourd'hui on va pas perdre notre samedi après midi ».

J'étais achevée.

Une brève intervention du représentant CFDT qui nous dit tout haut ce que nous savons déjà … « restez informés des suites des manifestations… » et nous qui pensions que c'était aujourd'hui que ça se passait…c'est en se dispersant de la place de la préfecture à un quelconque troquet dans lequel nous pourrions noyer notre amertume, que nous avons croisé les derniers manifestants, plus actifs et passionnés: « chômage ras le bol! Qui sème la colère récolte la révolte! »… mais qui dit petite étiquette dit petit micro…

vingt mille luttes rassemblées pour vingt mille bonnes raisons. Derrière chaque drapeau, une lutte semblable sous le sceau inviolable de l'identité, de l'individualité…et toujours ce schéma pyramidal meneurs, menés, voix inégales ou inexistantes. faut il une lutte hiérarchisée pour mener une lutte efficace? Derrière le combat des 35 heures il faut entendre ras le bol, la casquette ou le derche devant le démantèlement programmé des fondements sociaux et humanitaires de notre société à des fins toutes purement commerciales. Perdre sa vie à la gagner?? Faut il gagner sa vie?? C'est quoi le prix d'une vie?? Et puis c'est quoi la vie??

Derrière le silence macabre du cortège, il y avait le regard du loup qui cherche sa meute, tous ensemble mais si seul. Derrière son fantôme, il y avait la colère bâillonnée de vingt mille voix et d'un seul cœur qui s'essouffle à taper à contre temps, trop vite ou trop lentement, qui cherche l'unisson... mais quel son? Autour, passèrent profiteurs, simples consommateurs ( c'est samedi et c'est les soldes hé! Déjà qu'il y a rugby….) et autres glandeurs, les déçus, les blasés, les «  moi la politique tu sais… »… je m'amusais à chercher leur regard, à capter leur impression….

Souvent, à l'intérieur des boutiques je croisais la détresse d'une sœur exploitée, l'étincelle ne trompe pas, l'enseigne de la boutique non plus…

Remet donc une bécasse framboise!

Posté par dudul à 23:01 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

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